Le 26 mars, le Conseil régional d’Ile-de-France se réunit en séance plénière. Elue Nouveau Centre, Le?la Leghmara (photo), par ailleurs conseillère municipale à Colombes (92), propose à la discussion un projet de charte visant à ? lutter contre les discriminations subies par de jeunes Fran?ais issus de l’immigration maghrébine et d’Afrique Noire dans les Centres de formation des apprentis (CFA) ?. Selon elle, ces jeunes Arabes et Noirs que l’on envoie souvent par défaut dans ces voies, subissent une ? double peine ? : orientés dans ces filières sans forcément l’avoir voulu, ils n’y auraient pas accès aux métiers ayant un contact avec la clientèle, seraient cantonnés à des formations en batiment et travaux publics ou mécanique. Pire, ils auraient du mal à trouver un patron pour intégrer ces formations.
? En ayant travaillé plusieurs mois sur ce dossier, je me suis aper?ue que les jeunes de ces formations subissaient beaucoup de discriminations et que personne n’en parlait. Moi à leur age, on m’avait proposé de faire un BEP ! Pour moi, les filières en apprentissage sont aussi des filières d’excellence et il doit y avoir une revalorisation de l’apprentissage en France. Mais il doit y avoir avant tout un choix ?, affirme Le?la Leghmara. ? Pour ces jeunes issus de ces immigrations, ce sont plus de 30 lettres de motivations envoyées contre quelques-unes en moyenne pour tout autre jeune, et ce sont 20 entretiens contre 3 en moyenne pour trouver un patron. Il y a une vraie injustice pour eux. Personne ne s’est occupé du problème. On a beaucoup parlé des discriminations dans les grandes écoles, mais personne n’a jamais parlé de la discrimination qui frappent les jeunes dans les filières d’apprentissage ?, déplore-t-elle.
Ce 26 mars, Le?la Leghmara a donc souhaité porter ce débat dans les rangs de l’assemblée régionale. Mais les élus présents au Conseil ce jour-là refusent l’entrée en matière. Si élus du Parti communiste et Verts acceptent de débattre de ce texte, un tout autre son de cloches se fait entendre sur les bancs socialistes et Front national, qui votent contre la discussion du texte: ? J’ai senti une certaine agitation et une animosité autour de cette proposition. Les socialistes apprennent que le PC et les Verts décident de voter avec nous. Les chevènementistes, eux, se rangent derrière le PS. Je fais ma présentation en fin de séance, puis le PS propose une question préalable (procédure par laquelle une assemblée décide ou non de débattre d’un sujet, ndlr), alors même que communistes et Verts disaient que le débat devait avoir lieu. Contre toute attente, le PS s’allie au FN pour s’opposer à ma proposition. Ils ne s’opposent pas au texte en lui-même, ils refusent tout simplement d’en discuter. ?
Pour Le?la Leghmara, ce n’est ni plus ni moins qu’une alliance objective entre les deux partis : ? Ce qui choque, ce n’est pas temps l’alliance PS/FN, c’est surtout que le PS et le FN s’allient contre un texte qui parle de diversité et qui est censé faire des propositions pour les jeunes. Ce qui me gêne, c’est que le PS et le FN puissent trouver des points communs… ?
Le PS aurait-il lancé un message à l’élue du Nouveau Centre, lui signifiant que les discriminations et la diversité sont une chasse-gardée socialiste ? ? Le PS fait aujourd’hui de cette thématique son cheval de bataille, dit-elle. Et là, alors qu’il a l’occasion d’en parler, il classe le dossier. Notre responsabilité, c’est de dénoncer cette pratique. De plus, ma niche, je l’ai voulue ouverte, pas trop précise, pour que l’on puisse s’entendre malgré nos différences politiques. Avant le vote, le PS m’a dit : « Tu marches sur nos terres, là ! » ?
Etait-il nécessaire, comme le demandait l’élue Nouveau Centre, de créer une charte sur les discriminations concernant les CFA ? Les textes en vigueur ne suffisent-ils pas ? ? Non, répond l’intéressée. Il n’existe pas ce genre de texte au niveau régional, et il n’y avait rien concernant les CFA. Il fallait pointer du doigt ce problème. ?
Le?la Leghmara juge ? irresponsable ? l’attitude du Jean-Paul Huchon, président PS du Conseil régional : ? Il est parti juste avant que je prenne la parole en prétextant un empêchement. Il s’est excusé en off, a dit être désolé. Moi, je dis juste une chose : si, dorénavant, on ne peut plus débattre, que le PS le dise et nous ne proposerons plus rien. ?
Si man?uvre politique il y a eu, comme le prétend Le?la Leghmara, cette affaire n’est-elle pas la preuve que la lutte contre les discriminations et la question de la diversité en général, peuvent être, à l’instar de l’insécurité, des domaines sujets aux stratégies politiques classiques ? ? Je pense que les socialistes trouvaient l’idée très bonne mais qu’il était impossible pour eux qu’un autre parti que le PS l’incarne, qui plus est le Nouveau Centre. Politiquement, à un an des élections régionales, c’était dangereux pour eux ?, analyse Le?la Leghmara.
Le PS affirme de son c?té n’avoir passé aucune alliance avec le FN sur ce thème-là. Selon Krystina Roger, élue PS au Conseil régional et présente à l’assemblée ce 26 mars, ? le vote est un vote public et non à main levée. Chacun appuie sur le bouton pour voter. Vous ne savez pas ce que le voisin vote ?. Point de consigne de vote donc ? ? Je n’étais pas dans les commissions, donc je ne sais pas ce qui s’est dit auparavant. Ce que je sais, c’est que le texte posait un problème de légalité parce qu’il faisait allusion aux origines ethniques. Nous avons déjà mis en place un tas de mesures sur les discriminations et qui concernent tout le monde. Nous avons voté des mesures en faveur de la parité, par rapport aux jeunes et aux personnes handicapées ?, explique Krystina Roger.
Selon l’élue PS, les votes semblables du PS et du FN sur ce texte sont ? un pur hasard ?. Le Parti socialiste n’accepterait-il pas, par principe, de voter un texte émanant du Nouveau centre, parti de la majorité présidentielle ? ? Absolument pas, répond Krystina Roger. Si vous regardez bien, nous avons voté des textes proposés par le Nouveau Centre, notamment concernant l’amélioration des places en crèches. Nous n’avons aucun problème avec cela. Nous ne nous arrêtons pas à cela. Ce qui nous importe, c’est le bien-être que l’on peut apporter au quotidien des Franciliens. ?
Et sur le départ précipité de Jean-Paul Huchon ? ? Il a d? partir car il avait des obligations. Il devait inaugurer ce soir-là le dispositif « ApprentiScènes ». Ce projet a été mis en place par la région afin de montrer la créativité des jeunes apprentis et de revaloriser l’image de l’apprentissage. M. Huchon a donc délaissé un débat sur les discriminations en apprentissage pour assister à des sketchs réalisés par des jeunes apprentis. ? De quoi rassurer, peut-être Le?la Leghmara…
Nassira El Moaddem
Replique Montre
replique de montres Bell & Ross 38mm Model,Bell & Ross 42mm Model,Bell & Ross 46mm Model,Bell & Ross Tonneau BR02 Model,Bell & Ross Tourbillon and Other.
Apr 13, 2011
Apr 7, 2011
La banlieue et le journaliste se marieront-ils un jour
Daniel Deloit, directeur général de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ), se définit comme ? un banlieusard élevé dans la périphérie d’une ville dans les corons miniers ?. Il reconna?t volontiers que la question de la banlieue ? nous occupe et nous a préoccupés ?. Lucide, il est conscient du retard accusé par les écoles de journalisme dans l’apprentissage du traitement de la banlieue. Si les journalistes n’ont pas fait jusqu’alors ? le travail en amont qui s’impose, il ne faut pas pour autant le faire vite et n’importe comment ?. Et cite en exemple, la classe prépa diversité lancée sous l’égide de l’ESJ en partenariat avec le Bondy blog.
Nordine Nabili, journaliste et directeur de l’ESJ-Bondy, anime le débat et cède la parole à Nasser Kettane, patron de la radio Beur FM. Son constat est implacable. ? Pas grand-chose n’a changé, on en est au même stade qu’il y a 30 ans. La banlieue est vécue comme une extraterritorialité, elle est traitée comme quelque chose d’étranger. Quand le journaliste part en banlieue c’est comme s’il allait au Rwanda ou en Pologne. ?
Le directeur d’une des radios les plus écoutées par la diaspora maghrébine pointe ? la passivité et la fainéantise du journaliste qui n’est pas toujours partant pour y aller. Il n’a pas le temps, il doit aller à l’essentiel, il est investi par sa rédaction sans connaissance des réalités. Souvent on y envoie une personne qui ne va pas rester, le stagiaire ou un spécialiste de l’économie. ?
Nordine Nabili explique que s’il avait été galant il aurait cédé la parole en premier à Samira Djouadi, de la Fondation TF1. Sans langue de bois, elle reconna?t que ? TF1 n’est pas la bienvenue en banlieue ?. Originaire du célèbre 93, elle est prof de sport à La Courneuve quand elle se rend compte à quel point ses élèves ont une culture sportive développée mais inexploitée. Engagée à la régie publicitaire de TF1, elle met en place une fondation permettant à des aspirants journalistes de faire leurs gammes au sein des rédactions de TF1 tout en suivant une formation en alternance au Centre de formation des journalistes (CFJ), rue du Louvre à Paris.
Celle qui refuse l’étiquette de ? Madame diversité ?, confie ne pas forcer les jeunes qui intègrent la fondation ? à se spécialiser dans la banlieue ?. Elle préfère insister sur le fait que ces journalistes pourront prêter main forte à leurs collègues en les faisant bénéficier de leurs réseaux et en leur enseignant les codes de la banlieue.
Sylvère-Henry Cissé, journaliste sportif à Canal +, partage le point de vue général. Et insiste sur le travail de fond que les journalistes doivent réaliser. Ils doivent se renseigner, solliciter quelqu’un qui s’y conna?t, décrocher leur téléphone, naviguer sur Internet. Membre du club Averroès, Sylvère-Henry Cissé parle du Net comme d’un outil indispensable pour réhabiliter l’image de la banlieue. Il aimerait que des pages la présentant sous son angle positif soient alimentées pour faire contrepoids. Daniel Deloit reprend la parole et explique qu’il ne faudrait pas que la banlieue devienne une rubrique, au même titre que le sport, un élément d’étude à isoler et couper du reste de l’actualité.
Nasser Kettane encha?ne sur le thème de la stigmatisation et dénonce ? la fantasmagorie de la fille en hidjab alors qu’une fille ne le met pas pareillement à Alger, en Afghanistan ou à La Courneuve ?. Il n’hésite pas à mettre en cause certains reportages qui ? tuent ?. Nasser Kettane déplore le fait que la société considère qu’en banlieue il y’a ? des voleurs, des violeurs, de l’islamisme, de la violence. Alors que c’est une communauté de vie, de partage ?.
Samira Djouadi met en avant les rencontres qu’elle organise entre les vedettes de l’info de TF1 et la jeunesse de banlieue. Elle raconte que ? dans les lycées, on s’en prend plein la tronche. J’emmène Harry (Roselmack) car il veut que ?a change ?. Motivée par sa mission, Samira Djouadi convainc les plus réticents comme Laurence Ferrari. Elle confie que Jean-Pierre Pernaut avant d’aller à Bobigny ? était en panique dans la voiture ?. Elle lui a rétorqué qu’elle ne l’emmenait pas ? dans la jungle ?. De retour, conquis, il a simplement demandé : ? On y retourne quand ? ? Elle espère que de retour au bureau, les journalistes tirent partie de cette rencontre.
La deuxième partie du débat réunit Edouard Zambeaux, journaliste sur France Inter, Erwan Ruty fondateur de l’agence de presse Ressources Urbaines et Mohamed Hamidi du Bondy Blog. Frédéric Boisset, journaliste pour la télévision, annoncé, ne viendra pas. Edouard Zambeaux ouvre la discussion et raconte qu’il a fait le choix de traiter des questions de banlieue. Il regrette qu’une grande radio comme France Inter n’ait jamais crée un poste dévolu à cette question. Et déplore que les journalistes se saisissent du sujet banlieue comme d’un fait divers. Le journaliste, plaide Zambeaux, doit se départir de ses idées re?ues et le jeune arrêter de jouer au jeune de banlieue. Pour Erwan Ruty, l’essentiel est de ne pas prêcher des convaincus et de peser ? sur les décideurs qui ont un déficit de connaissances ?.
Pour Mohammed Hamidi, la solution est simple : ? Il faut infiltrer les rédactions. Cela prend du temps, et ne doit pas être fait n’importe comment. Il faut prendre des gens qui ont du talent et non pas faire de la discrimination positive. ? Il poursuit en faisant le parallèle avec le milieu politique. ? Si c’est pour faire du Rachida Dati, ce n’est pas la peine. ?
Edouard Zambeaux dénonce l’injonction implicite de faire du ? positif ? sur la banlieue : ? On s’enthousiasme pour la moindre association de quartier, pour le moindre slammeur bidon. ? Il faudrait seulement banaliser et normaliser la banlieue. Et éviter, ajoute le reporter de France Inter, de basculer du ? banlieue is dangereux à banlieue is merveilleux ?, pour se rattraper.
Fa?za Zerouala
Journalisme et banlieue: le débat
envoyé par Bondy_Blog. – Plus de vidéos de blogueurs.
omega montres
Nordine Nabili, journaliste et directeur de l’ESJ-Bondy, anime le débat et cède la parole à Nasser Kettane, patron de la radio Beur FM. Son constat est implacable. ? Pas grand-chose n’a changé, on en est au même stade qu’il y a 30 ans. La banlieue est vécue comme une extraterritorialité, elle est traitée comme quelque chose d’étranger. Quand le journaliste part en banlieue c’est comme s’il allait au Rwanda ou en Pologne. ?
Le directeur d’une des radios les plus écoutées par la diaspora maghrébine pointe ? la passivité et la fainéantise du journaliste qui n’est pas toujours partant pour y aller. Il n’a pas le temps, il doit aller à l’essentiel, il est investi par sa rédaction sans connaissance des réalités. Souvent on y envoie une personne qui ne va pas rester, le stagiaire ou un spécialiste de l’économie. ?
Nordine Nabili explique que s’il avait été galant il aurait cédé la parole en premier à Samira Djouadi, de la Fondation TF1. Sans langue de bois, elle reconna?t que ? TF1 n’est pas la bienvenue en banlieue ?. Originaire du célèbre 93, elle est prof de sport à La Courneuve quand elle se rend compte à quel point ses élèves ont une culture sportive développée mais inexploitée. Engagée à la régie publicitaire de TF1, elle met en place une fondation permettant à des aspirants journalistes de faire leurs gammes au sein des rédactions de TF1 tout en suivant une formation en alternance au Centre de formation des journalistes (CFJ), rue du Louvre à Paris.
Celle qui refuse l’étiquette de ? Madame diversité ?, confie ne pas forcer les jeunes qui intègrent la fondation ? à se spécialiser dans la banlieue ?. Elle préfère insister sur le fait que ces journalistes pourront prêter main forte à leurs collègues en les faisant bénéficier de leurs réseaux et en leur enseignant les codes de la banlieue.
Sylvère-Henry Cissé, journaliste sportif à Canal +, partage le point de vue général. Et insiste sur le travail de fond que les journalistes doivent réaliser. Ils doivent se renseigner, solliciter quelqu’un qui s’y conna?t, décrocher leur téléphone, naviguer sur Internet. Membre du club Averroès, Sylvère-Henry Cissé parle du Net comme d’un outil indispensable pour réhabiliter l’image de la banlieue. Il aimerait que des pages la présentant sous son angle positif soient alimentées pour faire contrepoids. Daniel Deloit reprend la parole et explique qu’il ne faudrait pas que la banlieue devienne une rubrique, au même titre que le sport, un élément d’étude à isoler et couper du reste de l’actualité.
Nasser Kettane encha?ne sur le thème de la stigmatisation et dénonce ? la fantasmagorie de la fille en hidjab alors qu’une fille ne le met pas pareillement à Alger, en Afghanistan ou à La Courneuve ?. Il n’hésite pas à mettre en cause certains reportages qui ? tuent ?. Nasser Kettane déplore le fait que la société considère qu’en banlieue il y’a ? des voleurs, des violeurs, de l’islamisme, de la violence. Alors que c’est une communauté de vie, de partage ?.
Samira Djouadi met en avant les rencontres qu’elle organise entre les vedettes de l’info de TF1 et la jeunesse de banlieue. Elle raconte que ? dans les lycées, on s’en prend plein la tronche. J’emmène Harry (Roselmack) car il veut que ?a change ?. Motivée par sa mission, Samira Djouadi convainc les plus réticents comme Laurence Ferrari. Elle confie que Jean-Pierre Pernaut avant d’aller à Bobigny ? était en panique dans la voiture ?. Elle lui a rétorqué qu’elle ne l’emmenait pas ? dans la jungle ?. De retour, conquis, il a simplement demandé : ? On y retourne quand ? ? Elle espère que de retour au bureau, les journalistes tirent partie de cette rencontre.
La deuxième partie du débat réunit Edouard Zambeaux, journaliste sur France Inter, Erwan Ruty fondateur de l’agence de presse Ressources Urbaines et Mohamed Hamidi du Bondy Blog. Frédéric Boisset, journaliste pour la télévision, annoncé, ne viendra pas. Edouard Zambeaux ouvre la discussion et raconte qu’il a fait le choix de traiter des questions de banlieue. Il regrette qu’une grande radio comme France Inter n’ait jamais crée un poste dévolu à cette question. Et déplore que les journalistes se saisissent du sujet banlieue comme d’un fait divers. Le journaliste, plaide Zambeaux, doit se départir de ses idées re?ues et le jeune arrêter de jouer au jeune de banlieue. Pour Erwan Ruty, l’essentiel est de ne pas prêcher des convaincus et de peser ? sur les décideurs qui ont un déficit de connaissances ?.
Pour Mohammed Hamidi, la solution est simple : ? Il faut infiltrer les rédactions. Cela prend du temps, et ne doit pas être fait n’importe comment. Il faut prendre des gens qui ont du talent et non pas faire de la discrimination positive. ? Il poursuit en faisant le parallèle avec le milieu politique. ? Si c’est pour faire du Rachida Dati, ce n’est pas la peine. ?
Edouard Zambeaux dénonce l’injonction implicite de faire du ? positif ? sur la banlieue : ? On s’enthousiasme pour la moindre association de quartier, pour le moindre slammeur bidon. ? Il faudrait seulement banaliser et normaliser la banlieue. Et éviter, ajoute le reporter de France Inter, de basculer du ? banlieue is dangereux à banlieue is merveilleux ?, pour se rattraper.
Fa?za Zerouala
Journalisme et banlieue: le débat
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Mar 31, 2011
Bourses et logements universitaires - les Crous à la ramasse
Pas de ticket pour prendre son tour. Juste une interminable file d’attente. Bienvenue dans le monde enchanté des Crous, ces administrations chargées, entre autres, de la gestion des bourses et des logements universitaires. Chargées, mais surtout débordées en ce début d’année universitaire.
Fin septembre au Crous de Paris. Alors que les années précédentes, les étudiants pouvaient monter directement au premier étage et patienter avant d’espérer rencontrer un agent, c’est désormais un personnel de sécurité qui leur souhaite la bienvenue. Des hommes qui jouent à la police et aux régulateurs de flux. Une maman est venue s’occuper du dossier de bourses de ses enfants : ? Ils sont en cours. Deux sont en prépa et ma fille est en double-cursus. Ils n’ont pas le temps de se déplacer donc je viens à leur place. Mercredi dernier, je suis venue pourtant assez t?t mais il y avait déjà du monde jusque devant les portes. Je n’ai pas eu le courage de rester. ? Les étudiants font le pied de grue. Parfois pendant plusieurs heures. Certains sont arrivés bien avant l’horaire d’ouverture, 9 heures, pour espérer être parmi les premiers.
Pour beaucoup, la rentrée ayant déjà commencé, il n’y a pas d’autre choix que de rater des cours. C’est le cas d’Aurélie, étudiante en littérature. Certains repartiront bredouilles si le service ferme ses portes avant qu’ils n’aient atteint le guichet. Le Crous de Paris tente de gérer la situation comme il peut. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, le service est ouvert jusqu’a 15h30 contre 13 heures habituellement. Mais inutile d’appeler le service au téléphone. Personne pour répondre.
Au Crous de Créteil, la situation est en apparence plus ma?trisée. Pas de queue interminable à l’arrivée, les étudiants semblent re?us assez rapidement et ont la chance de pouvoir s’asseoir sur les quelques sièges de la salle d’attente. Mais en discutant avec certains d’entre eux, en colère, la situation appara?t là comme tout autant difficile.
Comme au Crous de Paris, le flux tendu de cette rentrée y a entra?né des retards dans le traitement et la saisie des dossiers, et cela a eu des conséquences sur la mise en paiement des bourses. Au final, de nombreux étudiants se retrouvent en ce début d’année sans bourse mais également sans attestation prouvant qu’ils toucheront bien cette aide financière alors même que la plupart étaient déjà boursiers les années précédentes. Résultat : pas d’attribution conditionnelle ou définitive de bourses, obligation de payer les frais d’inscriptions à la fac.
? C’est scandaleux de devoir payer les frais de scolarité alors qu’on est boursier. J’ai d? trouver378 euros pour mon inscription. Si j’ai une bourse, c’est qu’à la base, j’ai une situation modeste. 400 euros c’est pas donné à tout le monde. J’ai des amis qui étaient dans le même cas. Ils ne se sont pas inscrits parce qu’ils n’avaient pas l’argent. Je trouve ?a grave ?, s’insurge Céline, en DUT carrières sociales à Paris XII. Sur avis d’un des agents du service des bourses, elle a rencontré une assistante sociale de sa fac. ? Je suis partie lui expliquer ma situation et demander une aide pour le paiement de mes frais de scolarité. Elle ma dit que je n’étais pas prioritaire et que des étudiants se trouvaient dans des situations plus dramatiques que la mienne. ?a m’a vraiment énervée. ?
Obligée donc de payer ses frais de scolarité. Là encore, les difficultés continuent : ? Impossible d’échelonner le paiement comme je l’avais demandé, car 400 euros d’un coup c’était énorme pour moi. Et pour payer, c’est soit par mandat cash, soit par chéquier. Je n’en avais pas. J’ai d? demander à quelqu’un de ma famille. ? Une autre étudiante rencontrée au Crous de Paris explique avoir montré son avis définitif de bourse de l’an dernier pour ne pas avoir à payer les frais de scolarité de cette rentrée. A charge pour elle de ramener la nouvelle notification une fois re?ue. Une solution que seule cette étudiante semble conna?tre. D’autres étudiants rattachés aux Crous de Créteil et de Paris indiquent avoir d? s’acquitter des frais d’inscription, en raison du retard dans le traitement des dossiers.
Mathieu Beurois, chargé de la communication au Crous de Créteil, en veut à ces étudiants qui se réveillent, selon lui, à la dernière minute : ? Beaucoup arrivent à la rentrée et demandent une bourse et un logement alors qu’ils n’ont pas respecté les délais de saisie des dossiers. Si on avait le courage de décider qu’après une certaine date, il n’est plus possible de faire sa demande, cela responsabiliserait peut-être les étudiants. ?
Au-delà de la saturation du service, il y le nouveau barème des bourses que le ministère n’a adressé aux Crous que vers les première et deuxième semaines de septembre. Il y a aussi les variations de dates de traitement des dossiers dues aux arrivées au compte-goutte des demandes. Selon Mathieu Beurois, si les étudiants saisissaient leurs demandes dans les délais impartis, les attributions de bourses leur arriveraient au plus t?t en juin, au plus tard en septembre. Pourtant, certains étudiants qui n’ont, à ce jour, toujours pas de réponse définitive, assurent avoir fait leur demande dans les temps.
A cela s’ajoutent les pièces manquantes aux dossiers qui retardent leur traitement, le manque de personnel et les bugs informatiques. Fin ao?t, une panne du serveur a donné des sueurs froides aux étudiants qui, en se connectant sur le site des Crous, ne voyaient qu’une page blanche, sans aucun accès au suivi de leur dossier. Et en cette matinée de septembre seuls trois agents re?oivent les étudiants au Crous de Paris, pourtant présents en nombre. A Créteil, Mathieu Beurois reconna?t qu’il manque de mains: ? On a bien recruté des étudiants, des vacataires que l’on a formés mais il est clair qu’il n’y a pas assez de personnel. ?
Au Crous de Paris, une des personnes chargées de la sécurité répond à la plainte d’une des étudiantes : ? Vous savez, dans mon quartier, j’ai bien demandé à des jeunes de venir travailler mais tu parles, ils préfèrent tenir les murs. ? Et lorsque des pièces de dossiers viennent à manquer, aucun autre moyen pour les étudiants de le savoir si ce n’est en se dépla?ant directement dans les Crous : la ligne téléphonique est très souvent saturée, et aucun courrier ni mail n’est envoyé.
Que ce soit à Paris ou à Créteil, inutile d’espérer un logement universitaire. Les résidences sont pleines. ? Un taux d’occupation, non pas de 100% mais de 120% pour l’académie de Créteil. C’est-à-dire que toutes les résidences sont pleines, que les seuls logements vides actuellement sont ceux qui viennent d’être quittés et qui seront réoccupés dans quelques jours le temps que les étudiants arrivent. Et il y a également une liste d’attente de 2000 étudiants que nous venons d’arrêter. On s’est rendu compte qu’elle donnait de faux espoirs aux étudiants alors que ceux sur la liste ne sont même pas s?rs d’avoir quelque chose ?, explique Mathieu Beurois.
Des solutions alternatives existent pour les étudiants. Encore faut-il les conna?tre. Pour le chargé de la communication du Crous de Créteil, les moyens d’information ne manquent pas : site internet, stands du Crous à l’université, campagne d’e-mailing, plaquettes et livrets d’information, page officielle sur Dailymotion. Il assure même répondre aux questions des jeunes sur Twitter. ? La population étudiante est une cible extrêmement difficile à toucher ?, regrette-t-il. Pourquoi ne pas envisager des séances obligatoires pour les étudiants en amphithéatres dans les universités? ? On s’est battu cette année avec les universités pour que le Crous fasse des interventions en amphithéatre. Il y a eu d’apres négociations. Au final on a pu intervenir en amphi mais pas de manière obligatoire. Résultat : seuls quatre étudiants étaient présents. ?
Afin d’aider ceux en difficulté, il y a le FNAU, le Fonds national d’aide d’urgence des Crous qui remplace les anciens dispositifs de l’allocation unique d’aide d’urgence et de l’allocation d’études. Il permet, sur décision d’une commission, d’accorder des aides annuelles aux étudiants recevables à une bourse mais dont la situation familiale ne permet pas le traitement ? classique ? de leur dossier, et d’allouer des aides ponctuelles aux étudiants qui rencontrent des difficultés momentanées. Mais, selon les étudiants présents au Crous de Créteil, la grande majorité ignore l’existence de ce dispositif. Mathieu Beurois confie que quelques étudiants, ayant appris la tenue des commissions sans avoir bénéficié d’aides, ont adressé des menaces de mort par courrier, par téléphone et agressé verbalement et physiquement des agents du Crous.
Pour le logement, Mathieu Beurois insiste sur les rénovations et les prochaines constructions de résidences universitaires : selon ses chiffres, ente 85 et 90% du parc locatif géré par le Crous de Créteil a été rénové. Et de nouvelles résidences verront le jour à Villetaneuse, à Bobigny sur le site de la Vache à l’aise et à La Courneuve. ? Cela prend du temps : le temps d’avoir les autorisations, d’avoir les permis de construire… ? Ces projets de construction sont peu médiatisés : ? C’est un choix stratégique, explique-t-il. Il ne faut pas en parler trop t?t car encore une fois, on est dépendant des délais de chantiers qui peuvent prendre du retard. ?a pourrait créer des frustrations. Il faut certes les mettre en avant pour montrer nos actions en la matière mais pas trop pour éviter que cela se retourne contre nous.?
Mathieu Beurois déplore l’image négative du Crous. ? J’aimerais pouvoir montrer à quel point les agents des services ne ménagent pas leurs efforts au service des étudiants. La semaine dernière, 1536 ont été re?us du lundi au jeudi. L’accueil physique des étudiants est une vraie priorité pour nous. ? C’est ainsi que le responsable de communication a organisé l’année dernière un casting dans les universités de l’académie. Objectif : donner une image moderne et en phase avec la réalité du monde de la vie étudiante. Cinq étudiants ont été sélectionnés par un jury pour représenter la nouvelle génération d’étudiants dans les campagnes d’affichage du Crous. Co?t de l’opération : 5 000 euros.
Il faudra encore du temps et davantage d’efforts pour redorer la réputation des Crous. Il suffit de surfer sur les forums spécialisés et de lire les posts les concernant pour avoir une idée de l’opinion des étudiants à ce sujet. Céline, l’étudiante de carrières sociales, est catégorique : ? Si on veut être informé, vaux mieux conna?tre des étudiants ayant traversé les mêmes galères et qui ont connu les mêmes problèmes. Ils savent nous informer beaucoup mieux que tous les services du Crous réunis. ?
Hasard du calendrier? Voici le message que l’on pouvait lire sur le site internet du Crous de Paris au moment où je finissais de rédiger cet article : ? Suite à une coupure d’alimentation électrique sur le réseau informatique, le service des bourses et du logement est fermé le mercredi 6 octobre. L’application internet « suivi du dossier social étudiant » est également fermée pendant la même période. ?
Nassira El Moaddem
montre omega
Fin septembre au Crous de Paris. Alors que les années précédentes, les étudiants pouvaient monter directement au premier étage et patienter avant d’espérer rencontrer un agent, c’est désormais un personnel de sécurité qui leur souhaite la bienvenue. Des hommes qui jouent à la police et aux régulateurs de flux. Une maman est venue s’occuper du dossier de bourses de ses enfants : ? Ils sont en cours. Deux sont en prépa et ma fille est en double-cursus. Ils n’ont pas le temps de se déplacer donc je viens à leur place. Mercredi dernier, je suis venue pourtant assez t?t mais il y avait déjà du monde jusque devant les portes. Je n’ai pas eu le courage de rester. ? Les étudiants font le pied de grue. Parfois pendant plusieurs heures. Certains sont arrivés bien avant l’horaire d’ouverture, 9 heures, pour espérer être parmi les premiers.
Pour beaucoup, la rentrée ayant déjà commencé, il n’y a pas d’autre choix que de rater des cours. C’est le cas d’Aurélie, étudiante en littérature. Certains repartiront bredouilles si le service ferme ses portes avant qu’ils n’aient atteint le guichet. Le Crous de Paris tente de gérer la situation comme il peut. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, le service est ouvert jusqu’a 15h30 contre 13 heures habituellement. Mais inutile d’appeler le service au téléphone. Personne pour répondre.
Au Crous de Créteil, la situation est en apparence plus ma?trisée. Pas de queue interminable à l’arrivée, les étudiants semblent re?us assez rapidement et ont la chance de pouvoir s’asseoir sur les quelques sièges de la salle d’attente. Mais en discutant avec certains d’entre eux, en colère, la situation appara?t là comme tout autant difficile.
Comme au Crous de Paris, le flux tendu de cette rentrée y a entra?né des retards dans le traitement et la saisie des dossiers, et cela a eu des conséquences sur la mise en paiement des bourses. Au final, de nombreux étudiants se retrouvent en ce début d’année sans bourse mais également sans attestation prouvant qu’ils toucheront bien cette aide financière alors même que la plupart étaient déjà boursiers les années précédentes. Résultat : pas d’attribution conditionnelle ou définitive de bourses, obligation de payer les frais d’inscriptions à la fac.
? C’est scandaleux de devoir payer les frais de scolarité alors qu’on est boursier. J’ai d? trouver378 euros pour mon inscription. Si j’ai une bourse, c’est qu’à la base, j’ai une situation modeste. 400 euros c’est pas donné à tout le monde. J’ai des amis qui étaient dans le même cas. Ils ne se sont pas inscrits parce qu’ils n’avaient pas l’argent. Je trouve ?a grave ?, s’insurge Céline, en DUT carrières sociales à Paris XII. Sur avis d’un des agents du service des bourses, elle a rencontré une assistante sociale de sa fac. ? Je suis partie lui expliquer ma situation et demander une aide pour le paiement de mes frais de scolarité. Elle ma dit que je n’étais pas prioritaire et que des étudiants se trouvaient dans des situations plus dramatiques que la mienne. ?a m’a vraiment énervée. ?
Obligée donc de payer ses frais de scolarité. Là encore, les difficultés continuent : ? Impossible d’échelonner le paiement comme je l’avais demandé, car 400 euros d’un coup c’était énorme pour moi. Et pour payer, c’est soit par mandat cash, soit par chéquier. Je n’en avais pas. J’ai d? demander à quelqu’un de ma famille. ? Une autre étudiante rencontrée au Crous de Paris explique avoir montré son avis définitif de bourse de l’an dernier pour ne pas avoir à payer les frais de scolarité de cette rentrée. A charge pour elle de ramener la nouvelle notification une fois re?ue. Une solution que seule cette étudiante semble conna?tre. D’autres étudiants rattachés aux Crous de Créteil et de Paris indiquent avoir d? s’acquitter des frais d’inscription, en raison du retard dans le traitement des dossiers. Mathieu Beurois, chargé de la communication au Crous de Créteil, en veut à ces étudiants qui se réveillent, selon lui, à la dernière minute : ? Beaucoup arrivent à la rentrée et demandent une bourse et un logement alors qu’ils n’ont pas respecté les délais de saisie des dossiers. Si on avait le courage de décider qu’après une certaine date, il n’est plus possible de faire sa demande, cela responsabiliserait peut-être les étudiants. ?
Au-delà de la saturation du service, il y le nouveau barème des bourses que le ministère n’a adressé aux Crous que vers les première et deuxième semaines de septembre. Il y a aussi les variations de dates de traitement des dossiers dues aux arrivées au compte-goutte des demandes. Selon Mathieu Beurois, si les étudiants saisissaient leurs demandes dans les délais impartis, les attributions de bourses leur arriveraient au plus t?t en juin, au plus tard en septembre. Pourtant, certains étudiants qui n’ont, à ce jour, toujours pas de réponse définitive, assurent avoir fait leur demande dans les temps.
A cela s’ajoutent les pièces manquantes aux dossiers qui retardent leur traitement, le manque de personnel et les bugs informatiques. Fin ao?t, une panne du serveur a donné des sueurs froides aux étudiants qui, en se connectant sur le site des Crous, ne voyaient qu’une page blanche, sans aucun accès au suivi de leur dossier. Et en cette matinée de septembre seuls trois agents re?oivent les étudiants au Crous de Paris, pourtant présents en nombre. A Créteil, Mathieu Beurois reconna?t qu’il manque de mains: ? On a bien recruté des étudiants, des vacataires que l’on a formés mais il est clair qu’il n’y a pas assez de personnel. ?
Au Crous de Paris, une des personnes chargées de la sécurité répond à la plainte d’une des étudiantes : ? Vous savez, dans mon quartier, j’ai bien demandé à des jeunes de venir travailler mais tu parles, ils préfèrent tenir les murs. ? Et lorsque des pièces de dossiers viennent à manquer, aucun autre moyen pour les étudiants de le savoir si ce n’est en se dépla?ant directement dans les Crous : la ligne téléphonique est très souvent saturée, et aucun courrier ni mail n’est envoyé.
Que ce soit à Paris ou à Créteil, inutile d’espérer un logement universitaire. Les résidences sont pleines. ? Un taux d’occupation, non pas de 100% mais de 120% pour l’académie de Créteil. C’est-à-dire que toutes les résidences sont pleines, que les seuls logements vides actuellement sont ceux qui viennent d’être quittés et qui seront réoccupés dans quelques jours le temps que les étudiants arrivent. Et il y a également une liste d’attente de 2000 étudiants que nous venons d’arrêter. On s’est rendu compte qu’elle donnait de faux espoirs aux étudiants alors que ceux sur la liste ne sont même pas s?rs d’avoir quelque chose ?, explique Mathieu Beurois.
Des solutions alternatives existent pour les étudiants. Encore faut-il les conna?tre. Pour le chargé de la communication du Crous de Créteil, les moyens d’information ne manquent pas : site internet, stands du Crous à l’université, campagne d’e-mailing, plaquettes et livrets d’information, page officielle sur Dailymotion. Il assure même répondre aux questions des jeunes sur Twitter. ? La population étudiante est une cible extrêmement difficile à toucher ?, regrette-t-il. Pourquoi ne pas envisager des séances obligatoires pour les étudiants en amphithéatres dans les universités? ? On s’est battu cette année avec les universités pour que le Crous fasse des interventions en amphithéatre. Il y a eu d’apres négociations. Au final on a pu intervenir en amphi mais pas de manière obligatoire. Résultat : seuls quatre étudiants étaient présents. ?
Afin d’aider ceux en difficulté, il y a le FNAU, le Fonds national d’aide d’urgence des Crous qui remplace les anciens dispositifs de l’allocation unique d’aide d’urgence et de l’allocation d’études. Il permet, sur décision d’une commission, d’accorder des aides annuelles aux étudiants recevables à une bourse mais dont la situation familiale ne permet pas le traitement ? classique ? de leur dossier, et d’allouer des aides ponctuelles aux étudiants qui rencontrent des difficultés momentanées. Mais, selon les étudiants présents au Crous de Créteil, la grande majorité ignore l’existence de ce dispositif. Mathieu Beurois confie que quelques étudiants, ayant appris la tenue des commissions sans avoir bénéficié d’aides, ont adressé des menaces de mort par courrier, par téléphone et agressé verbalement et physiquement des agents du Crous.
Pour le logement, Mathieu Beurois insiste sur les rénovations et les prochaines constructions de résidences universitaires : selon ses chiffres, ente 85 et 90% du parc locatif géré par le Crous de Créteil a été rénové. Et de nouvelles résidences verront le jour à Villetaneuse, à Bobigny sur le site de la Vache à l’aise et à La Courneuve. ? Cela prend du temps : le temps d’avoir les autorisations, d’avoir les permis de construire… ? Ces projets de construction sont peu médiatisés : ? C’est un choix stratégique, explique-t-il. Il ne faut pas en parler trop t?t car encore une fois, on est dépendant des délais de chantiers qui peuvent prendre du retard. ?a pourrait créer des frustrations. Il faut certes les mettre en avant pour montrer nos actions en la matière mais pas trop pour éviter que cela se retourne contre nous.?
Mathieu Beurois déplore l’image négative du Crous. ? J’aimerais pouvoir montrer à quel point les agents des services ne ménagent pas leurs efforts au service des étudiants. La semaine dernière, 1536 ont été re?us du lundi au jeudi. L’accueil physique des étudiants est une vraie priorité pour nous. ? C’est ainsi que le responsable de communication a organisé l’année dernière un casting dans les universités de l’académie. Objectif : donner une image moderne et en phase avec la réalité du monde de la vie étudiante. Cinq étudiants ont été sélectionnés par un jury pour représenter la nouvelle génération d’étudiants dans les campagnes d’affichage du Crous. Co?t de l’opération : 5 000 euros.
Il faudra encore du temps et davantage d’efforts pour redorer la réputation des Crous. Il suffit de surfer sur les forums spécialisés et de lire les posts les concernant pour avoir une idée de l’opinion des étudiants à ce sujet. Céline, l’étudiante de carrières sociales, est catégorique : ? Si on veut être informé, vaux mieux conna?tre des étudiants ayant traversé les mêmes galères et qui ont connu les mêmes problèmes. Ils savent nous informer beaucoup mieux que tous les services du Crous réunis. ?
Hasard du calendrier? Voici le message que l’on pouvait lire sur le site internet du Crous de Paris au moment où je finissais de rédiger cet article : ? Suite à une coupure d’alimentation électrique sur le réseau informatique, le service des bourses et du logement est fermé le mercredi 6 octobre. L’application internet « suivi du dossier social étudiant » est également fermée pendant la même période. ?
Nassira El Moaddem
montre omega
Mar 25, 2011
Prévention et soins gratuits « Ecotidien
, Les soins médicaux sont de moins en moins bien remboursés : le ticket modérateur, la part non prise en charge par la sécurité sociale, est passé de 20 à 35%, des franchises sur les médicaments et des forfaits hospitaliers ont été mis en place. En même temps, le budget de la sécurité sociale est déficitaire de plusieurs milliards d’Euros, et la contribution au remboursement de la dette sociale (la CRDS des fiches de paie) ne suffit pas à pallier les dépenses multiples, dont les exonérations de charges sociales, énorme manque à gagner pour les finances publiques. Les assurés fran?ais sont donc finalement bien lotis, puisque plus de 75% des soins sont pris en charge. Malgré tout, certains n’ont pas les moyens de faire autant de visites médicales que nécessaires. Heureusement, plusieurs solutions existent pour avoir un accès aux soins gratuit ou presque…
Les centres de PMI, Protection Maternelle et Infantile ont été créées en 1945 par l’Etat, et sont aujourd’hui gérées par les conseils généraux. Elles jouent plusieurs r?les auprès des jeunes familles : outre les informations destinées aux parents (contraception, éducation, mode de garde avec l’envoi de listes d’assistantes maternelles disponibles par exemple) délivrées gratuitement et sans rendez-vous, des pédiatres proposent des consultations. Ils peuvent s’occuper notamment de vacciner les tout-petits et de donner des conseils sur l’allaitement et l’alimentation des nouveau-nés. Les PMI sont aussi équipées de mètres et de balances pour nourrissons, pratiques pour surveiller de près leur croissance et s’acquitter des visites obligatoires. En revanche, les PMI sont là pour prévenir et non guérir : ces pédiatres ne font pas office de médecin traitant. En cas de fièvre ou de maladie, il faudra se tourner vers un praticien extérieur. Dans certaines PMI, les cartes vitales ne sont même pas demandées.
Les centres de soins mutualistes accueillent les étudiants, les retraités, les familles nombreuses, et toute personne ayant un budget soins limité et une bonne mutuelle. De nombreux centres de soins permettent aux assurés de ne payer qu’une partie de la consultation, quelques Euros seulement en général. A Paris, c’est le Centre Saint Victor, de la Fédération mutualiste d’Ile-de-France, qui propose ce service. Patience : les rendez-vous sont parfois longs à obtenir, et sur place, une bonne heure en moyenne si vous vous y rendez ? aux heures de pointe ?. Les deux cartes, de sécurité sociale et de mutuelle, vous seront demandées à l’accueil.
Un bilan de santé vous est offert tous les 5 ans. Tous les assurés sociaux qui n’en ont pas bénéficié les 4 dernières années peuvent en faire la demande et passer un grand ? check-up ? préventif : ORL, gynécologue, dermatologue, dentiste, tout y passe. Attention : il ne s’agit pas de soins, mais d’un bilan. On pourra vous dire que vous avez 3 caries et une gingivite, mais pas vous les soigner : c’est à vous de prendre rendez-vous avec un médecin par la suite. L’intérêt : ?a vous permet de vous faire dépister des maladies graves auxquelles vous n’auriez pas pensé, et inversement, de ne pas aller pour rien chez un spécialiste. Pour en bénéficier, une seule démarche : adresser un courrier à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie, qui vous adressera en réponse une convocation dans un centre de soins.
Des médecins altruistes soignent aussi gratuitement les personnes en détresse financière, morale ou physique. Le Docteur Falcucci, de Toulouse, nous explique : ? Dans ces deux cas, détresse ou pauvreté, cela me semble évident et je ne fais pas payer la consultation ! J’essaye de parler avec les gens, souvent, plus que les soins les gens ont besoin d’être rassurés ? Alors que d’autres médecins n’hésitent pas à dépasser largement les honoraires conventionnées, la pratique semble normale pour lui : ? Ma motivation est simple : elle est dictée par la conviction d’aider ceux qui en ont réellement besoins entre autre et dans la médecine cela est peut être plus important qu’ailleurs… la détresse des gens ne nous est pas masquée ?
Pour les adolescents et les femmes, mais aussi toute personne en recherche d’un interlocuteur, le Planning Familial permet aussi d’avoir accès à des informations et des consultations gratuites, anonymes et sans rendez-vous sur la contraception et la santé en général. Toutefois, son avenir n’est pas assuré, puisque le budget qui lui est alloué a été récemment diminué de 20%, soit 500 000 Euros.
Marlène Schiappa
réplique de montre
Les centres de PMI, Protection Maternelle et Infantile ont été créées en 1945 par l’Etat, et sont aujourd’hui gérées par les conseils généraux. Elles jouent plusieurs r?les auprès des jeunes familles : outre les informations destinées aux parents (contraception, éducation, mode de garde avec l’envoi de listes d’assistantes maternelles disponibles par exemple) délivrées gratuitement et sans rendez-vous, des pédiatres proposent des consultations. Ils peuvent s’occuper notamment de vacciner les tout-petits et de donner des conseils sur l’allaitement et l’alimentation des nouveau-nés. Les PMI sont aussi équipées de mètres et de balances pour nourrissons, pratiques pour surveiller de près leur croissance et s’acquitter des visites obligatoires. En revanche, les PMI sont là pour prévenir et non guérir : ces pédiatres ne font pas office de médecin traitant. En cas de fièvre ou de maladie, il faudra se tourner vers un praticien extérieur. Dans certaines PMI, les cartes vitales ne sont même pas demandées.
Les centres de soins mutualistes accueillent les étudiants, les retraités, les familles nombreuses, et toute personne ayant un budget soins limité et une bonne mutuelle. De nombreux centres de soins permettent aux assurés de ne payer qu’une partie de la consultation, quelques Euros seulement en général. A Paris, c’est le Centre Saint Victor, de la Fédération mutualiste d’Ile-de-France, qui propose ce service. Patience : les rendez-vous sont parfois longs à obtenir, et sur place, une bonne heure en moyenne si vous vous y rendez ? aux heures de pointe ?. Les deux cartes, de sécurité sociale et de mutuelle, vous seront demandées à l’accueil.
Un bilan de santé vous est offert tous les 5 ans. Tous les assurés sociaux qui n’en ont pas bénéficié les 4 dernières années peuvent en faire la demande et passer un grand ? check-up ? préventif : ORL, gynécologue, dermatologue, dentiste, tout y passe. Attention : il ne s’agit pas de soins, mais d’un bilan. On pourra vous dire que vous avez 3 caries et une gingivite, mais pas vous les soigner : c’est à vous de prendre rendez-vous avec un médecin par la suite. L’intérêt : ?a vous permet de vous faire dépister des maladies graves auxquelles vous n’auriez pas pensé, et inversement, de ne pas aller pour rien chez un spécialiste. Pour en bénéficier, une seule démarche : adresser un courrier à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie, qui vous adressera en réponse une convocation dans un centre de soins.
Des médecins altruistes soignent aussi gratuitement les personnes en détresse financière, morale ou physique. Le Docteur Falcucci, de Toulouse, nous explique : ? Dans ces deux cas, détresse ou pauvreté, cela me semble évident et je ne fais pas payer la consultation ! J’essaye de parler avec les gens, souvent, plus que les soins les gens ont besoin d’être rassurés ? Alors que d’autres médecins n’hésitent pas à dépasser largement les honoraires conventionnées, la pratique semble normale pour lui : ? Ma motivation est simple : elle est dictée par la conviction d’aider ceux qui en ont réellement besoins entre autre et dans la médecine cela est peut être plus important qu’ailleurs… la détresse des gens ne nous est pas masquée ?
Pour les adolescents et les femmes, mais aussi toute personne en recherche d’un interlocuteur, le Planning Familial permet aussi d’avoir accès à des informations et des consultations gratuites, anonymes et sans rendez-vous sur la contraception et la santé en général. Toutefois, son avenir n’est pas assuré, puisque le budget qui lui est alloué a été récemment diminué de 20%, soit 500 000 Euros.
Marlène Schiappa
réplique de montre
Mar 18, 2011
Steve Jobs envoie des iPods aux 33 mineurs
Qu’y a-t-il sur leur playlist??
replica montre
Mar 9, 2011
Il joue de la musique à la Mario Bros
Suite à cette petite introduction, voici la vidéo de cet amateur. Comme on peut le lire sur Youtube, voilà donc les thèmes musicaux interprétés (liste en anglais).
Et pour ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur ce jeune homme, voici le lien pour accéder à sa page Facebook.
-Office Theme Song (0:18)
-Linus and Lucy (0:38)
-Turkish March (1:13)
-Mario Brothers Theme (1:27)
-In the Hall of the Mountain King (1:54)
-Bad Romance (2:07)
-Viva La Vida (2:50)
-Like a Virgin (3:03)
-Crazy Train (3:23)
-Harder, Better, Faster, Stronger (4:01)
-James Bond Theme (4:15)
-Pirates of the Caribbean Theme (4:35)
-The Final Countdown (featuring my friend, Quin) (4:56)
rolex
Mar 2, 2011
Grippez votre iPhone pour l’empêcher de glisser
La modification consiste à équiper le dos de votre iPhone avec le matériau antidérapant qui recouvre les skateboards.
Bon d’accord vous allez vous raper les mains, mais au moins votre précieux risquera moins la chute libre. Ou les dérapages incontr?lés sur les surfaces lisses (comme les tablettes d’avion ou de train).
Le gars qui a réalisé cette coque l’a fait par nécessité: il avait fait tomber son iPhone et brisé le verre. Après avoir essayé différents matériau, il a opté pour le grip des skates.
Si vous aimez le look, vous pouvez acheter un sticker en grip découpé au laser (réalisé par l’auteur de la modif) pour la modique somme de 5 dollars. Rendez-vous ici.
Montre Rolex Explorer II
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